Des porte-clefs d’alerte seront distribués gratuitement aux berruyères © Radio France – Michel Benoît

La ville de Bourges vient de lancer une campagne d’affichage, également sur les réseaux sociaux et organise ce mardi soir, une présentation à l’hôtel de ville à 17h30 d’un dispositif auquel elle vient d’adhérer : the Sorority Foundation.

80% des femmes interrogées par l’observatoire des violences envers les femmes affirment avoir déjà été victimes de harcèlement de rue : « Parfois, c’est assez cru, témoigne cette Berruyère. Du genre, ‘t’es bonne’, ou alors on me siffle tout simplement quand je passe. Je ne réagis jamais et je continue de marcher. Ça a toujours existé, mais je trouve que c’est de plus en plus insistant aujourd’hui. J’ai une copine qui s’est fait suivre pendant un quart d’heure par un mec. Il lui parlait en marchant derrière elle. Elle faisait semblant de parler au téléphone, sans réagir. Et finalement, il est parti. »

Une campagne d’affichage rappelle les peines encourues, bien que les faits soient difficiles à faire constater © Radio FranceMichel Benoît

L’application The Sorority, à laquelle la ville de Bourges vient d’adhérer, permet de créer une communauté d’entraide qu’il suffit d’activer en appuyer sur un bouton d’alerte sur son portable : « Vous téléchargez l’application, explique Magali Bessard, première adjointe au maire de Bourges. Si vous êtes importunée ou si vous vous sentez en danger, vous appuyer deux secondes sur une touche d’alerte. Vous êtes géolocalisée et les membres qui se trouvent à proximité peuvent intervenir. L’application propose aussi des refuges dans des lieux sécurisants. »

Magali Bessard, première adjointe au maire de Bourges, a téléchargé l’application d’alerte et d’entraide The Sorrority © Radio FranceMichel Benoît

La ville travaille à mettre en place tous ces lieux dits « secure » qui peuvent proposer un refuge : pharmacie, salon de coiffure, lieux publics, etc. The Sorority foundation va former tous les agents municipaux qui ne le sont pas encore à la prise en compte du harcèlement de rue. La mairie a également commandé des porte-clefs d’alerte personnelle. Il suffit de tirer sur le cordon et une alarme se déclenche : « C’est un bruit strident de 140 décibels destiné à faire fuir l’agresseur, ajoute Magali Bessard. On inverse l’effet de sidération qui envahit habituellement une victime agressée. Cette fois, on compte sur ce bruit assourdissant pour que ce soit l’homme qui soit sidéré et cesse immédiatement. On a commandé 1.500 boitiers dans un premier temps.« 

Ces porte-clefs sont distribués gratuitement aux Berruyères sur présentation d’un justificatif de domicile, notamment à cette réunion de présentation du partenariat à 17h30 dans le hall d’exposition de l’hôtel de ville. Les statistiques ne montrent pas d’augmentation des faits constatés, mais simplement du sentiment d’insécurité. C’est à domicile, que les violences à l’égard des femmes restent les plus marquées.